Existe t-il une politique de la ville à Tahoua ?

S’il y a un domaine ou un secteur où les mairies ont échoué au Niger, c’est celui de l’assainissement des centres urbains. Au Niger, les villes sont sales et les stationnements anarchiques continuent de freiner  la circulation malgré des budgets faramineux qui sont alloués pour leur embellissement.

Cela fait plusieurs années que les routes sont les mêmes dans la ville de Tahoua et la capitale de la région. Aucune route dans cette cité n’est meilleure qu’une autre. Essayez le tronçon qui se trouve derrière l’auto-gare du côté sud. C’est un réel parcours de combattant pour les usagers qui empruntent cette route. Cela fait des années et des années que ce tronçon est dans ce piteux état. Aujourd’hui, une partie est presque devenue un marigot après son curetage. Des usagers crient leur râle-bol, mais la municipalité n’a jusqu’à cette date rien entrepris pour désengorger cette voie. D’ailleurs ce chemin, nous a t-on dit, mène chez l’une des maisons du président du conseil de la ville. En cela, on ne peut pas dire qu’il ne soit au courant de rien ou qu’il ignore la situation. Ce dernier ne fait plus ses apparitions publiques habituelles, depuis sa cuisante défaite aux législatives de février dernier.

Ce sont des slogans plein d’espoir qui ont caractérisé les dernières campagnes électorales au Niger. Cependant, on comprend aisément à la fin des plébiscites, que nos politiciens (élus ou non élus) n’ont plus la même ardeur, le même courage et la même vivacité qu’avant. Ils ne se soucient guerre de leur électorat. Sachez une chose, le courage ne s’achète pas ni la matière grise. Et dans le monde politique nigérien, il y a toujours ceux qui sont à court des deux.

Une ville sans route n’est pas plus qu’un village. Vous vous rendrez compte vous-même que, dans les villages, les routes sont meilleures qu’ici. La situation devient plus préoccupante pendant la saison des pluies. Des précipitations, aussi faibles soient-elles, inondent les routes de Tahoua par manque de système de drainage.

La voie menant au gouvernorat est coupée par un grand et dangereux ravin juste après le mur du complexe scolaire privé Koulmané et divise la ville en deux. Les nids de poules, ou plutôt les nids d’autruches, empêchent et bloquent la circulation et endommagent les engins. Si la mairie ne travaille pas les routes, qui le fera à sa place ? Le but de la décentralisation est sans nul doute de  rapprocher l’administration des administrés ; mais au regard de ce qui se passe, on peut dire qu’on n’est pas encore prêt. Toutefois, je sais que parler de ces choses surtout dans la région natale du président de la République, vous fait gagner facilement le titre d’un insatiable militant et d’opposant. Tant pis pour tout ce que vous nous qualifierez !

Si dans la plupart des cas, c’est le réseau urbain qui est mis en cause, les quartiers comme Sabon Gari, Malala, sont complètement submergés en saison hivernale. L’eau des pluies tombée sur place à laquelle s’ajoute celle du ruissellement, envahissent les maisons et les espaces vides. Ce problème est né de l’attribution des parcelles dans cette ville. Les terrains vendus aux  populations ne sont pas viabilisés. En lieu et place de parcelles pour habitation, ce sont des champs culturaux qui sont vendus aux acquéreurs qui les mettront en valeur à leur manière engendrant des conséquences que nous sommes entrain de subir.

Un autre problème qui entrave la circulation est le stationnement anarchique des gros porteurs venant d’Algérie. Chaque début et fin du mois, ces camions envahissent la ville. Puisque la mairie n’a pas réservé des endroits pour leur stationnement comme dans d’autres grandes villes du pays, les chauffeurs n’en font qu’à leur tête. Ils peuvent se garer devant ta maison pourvu que cela leur permette de décharger leurs marchandises.

Les taxis moto, Kabu-kabu, très têtus dans la plupart des cas et arrogants contribuent aussi à rendre la circulation beaucoup plus compliquée. La seule Avenue, (si elle l’est vraiment et aussi la seule voie baptisée) de la ville est pratiquement impraticable le jour du marche même à pied. Il existe peu d’espaces réservés aux piétons : il n’y a aucun trottoir sur ce tronçon, à partir de la direction régionale des transports jusqu’à la pharmacie Lafiya. Ces espaces sont illégalement occupés par des boutiques de tout genre, tout comme les alentours des écoles et du centre hospitalier régional.

En l’absence d’une vraie politique de la ville, des animaux errants provoquent toujours des accidents, et détruisent les arbres dans les maisons.

Monsieur le Président de la communauté urbaine, messieurs les conseillers municipaux, en attendant le programme spécial de modernisation des villes du président de la République,  faites parler vos cœurs et votre bons sens. Tahoua, au stade actuel, mérite mieux.

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ASSOUMANE Habibou
Blogueur nigérien de Tahoua, je suis passionné de la lecture, des voyages. J'aime apprendre des autres. La rigueur, la responsabilité, l’engagement sont mes maîtres mots

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