Le vélo, lui sauve sa scolarité !

veloCe billet est l’histoire racontée par un camarade de classe, en dernière année au collège. Sans le vélo de son oncle, il aurait été un ex-élève sans avenir. Hier soir, il me dit; « Toi qui aimes écrire, écoute mon récit. Il intéressera peut-être tes lecteurs ».

Les épreuves écrites du brevet de fin d’études du premier cycle (BEPC) venaient de se terminer. Dans l’attente des résultats permettant de passer l’oral, l’adolescent est revenu dans son village natal, Tajaé Sédentaire, situé à quelque 20 kilomètres d’Illéla (notre chef-lieu d’arrondissement).

Chaque année les examens coïncident avec le début des cultures. Ce moment appelé période de soudure est difficile pour beaucoup de familles en zones rurales où l’on a besoin de bras. Tard dans la nuit l’étudiant apprend qu’il doit passer l’oral et se rendre de toute urgence à Illéla. Le tronçon de route n’est pas bitumé. Les véhicules sont très rares en dehors des jours de marché (jeudi et vendredi). Il a besoin d’un peu d’argent et aussi un moyen de transport sûr qui lui permettra d’être au centre des examens à temps.  Sa mère et sa grand-mère sont toutes des ménagères. Elles  ne peuvent rien faire à ce moment précis pour lui. Leur âne, le plus vigoureux du village, n’est pas une solution. Son grand-père n’accepte pas de lui céder sa pouliche enceinte de plusieurs mois. Il sait qu’il aime la chevauchée et qu’une partie de course pourra faire perdre le foetus de la pouliche. Son papa vit à la frontière ghanéenne, il se soucie beaucoup de ses études, mais il est loin. Ses oncles n’ont pas les moyens pour louer une moto, mais l’un d’eux à une bonne idée et lui dit : « Mon fiston, moi je n’ai rien, tu le sais bien. Mais si ça peut t’aider, tu peux utiliser mon vieux vélo pour passer ton examen ». Il  prend le vélo, se rend à Illéla et passe l’examen sans difficulté.

Autrefois, avoir un vélo, c’est un signe de noblesse

Moi, quand j’étais au collège une seule personne avait un vélo. Même les professeurs, tout le monde venait à pied. Le vélo a été le moyen de déplacement le plus utilisé au Niger et surtout dans les zones rurales. Au moment où la campagne de course de chevaux s’achève, celle des vélos continue son beau chemin. Au moment où les ambulances étaient quasi absentes dans les villages, les vélos sont utilisés pour les évacuations. Au début, ceux qui pouvaient se procurer ce joyau se comptaient sur le bout des doigts. Le vélo était réservé à la haute classe, la classe marchande. Mais, depuis l’avènement des motos chinoises (Qlink, Kasea, etc.), le vélo a été délaissé. Aujourd’hui, seuls les petits enfants s’adonnent aux joies du vélo.

The following two tabs change content below.
ASSOUMANE Habibou
Blogueur nigérien de Tahoua, je suis passionné de la lecture, des voyages. J'aime apprendre des autres. La rigueur, la responsabilité, l’engagement sont mes maîtres mots

2 réflexions au sujet de « Le vélo, lui sauve sa scolarité ! »

  1. abou illiasso dit :

    C’est le genre d’oncle qu’on veut pour vraiment avancer notre société,ce généreux tonton a joué un grand rôle dans la continuité de la scolarité de son fiston tout juste en lui offrant un vélo. Reste au petit de relever le défis.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.